Liamine Zéroual, le dernier des anciens présidents, entre dans la mémoire nationale

Publié le 31 mars 2026 à 13:56

Désormais, tous les anciens présidents de la République algérienne ont quitté ce monde. Ce constat, au-delà de l’émotion qu’il suscite, marque la fin d’une génération d’hommes ayant incarné, chacun à leur manière, une étape déterminante de l’histoire nationale.

Liamine Zéroual n’a jamais été de ceux qui occupaient l’espace par le bruit. Il appartenait plutôt à cette catégorie de responsables dont la présence imposait par la retenue, la gravité et le sens de l’État. Son passage à la tête du pays est resté associé à une période particulièrement difficile, où l’Algérie affrontait l’une des crises les plus douloureuses de son histoire contemporaine.

Dans un contexte de tensions extrêmes, il avait incarné, pour beaucoup, une figure de stabilité, de discipline et de sobriété. Son nom reste lié à une conception du pouvoir fondée moins sur la mise en scène que sur la responsabilité. Qu’on partage ou non toutes les lectures de son action, une chose demeure: Liamine Zéroual a exercé la charge suprême dans des circonstances où gouverner relevait d’une épreuve historique.

Sa disparition ne renvoie pas seulement à la perte d’un ancien chef d’État. Elle ravive une question plus vaste: celle de la mémoire politique algérienne. Car les présidents passent, mais les périodes qu’ils traversent continuent d’habiter la conscience collective. Avec eux s’éloignent non seulement des trajectoires personnelles, mais aussi des chapitres entiers de l’histoire du pays, avec leurs espoirs, leurs contradictions, leurs épreuves et leurs héritages.

Aujourd’hui, l’émotion dépasse les clivages. Elle rejoint ce moment particulier où une nation regarde en arrière et mesure le chemin parcouru. La disparition du dernier des anciens présidents encore en vie rappelle que le temps historique avance inexorablement, et qu’il appartient désormais aux générations présentes et futures de préserver, d’interroger et de transmettre cette mémoire.

En rendant hommage à Liamine Zéroual, c’est aussi une certaine idée du service de l’État, du devoir et de la réserve dans l’exercice de la responsabilité publique qui refait surface. Son départ referme un cycle. Mais il ouvre aussi, symboliquement, le temps du regard rétrospectif, de l’évaluation sereine et de la fidélité à l’histoire.

Allah yarham Liamine Zéroual.
Paix à son âme.
L’Algérie se souvient.

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