Une enquête en forme de livre sur le 23 mai 1956 Publié en France aux éditions La Découverte et en Algérie chez Barzakh, Un massacre en Kabylie s’impose comme un livre important dans le travail de mémoire autour de la guerre d’Algérie. L’ouvrage, signé par la journaliste documentariste belgo-algérienne Safia Kessas et l’historien Fabrice Riceputi, fait revivre un crime longtemps occulté : le massacre perpétré le 23 mai 1956 dans plusieurs villages de Kabylie par des unités de l’armée française.
Préfacé par Edwy Plenel, journaliste et cofondateur de Mediapart, cet ouvrage prolonge une enquête publiée en 2025 par le média d’investigation. Il met en lumière des faits d'une extrême gravité : assassinats de civils, représailles contre des populations désarmées, mais aussi violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.
Une enquête entre archives, terrain et mémoire orale
L’intérêt majeur de ce livre tient à sa méthode. Les auteurs ne se contentent pas de consulter les archives officielles, souvent incomplètes ou silencieuses sur les crimes coloniaux. Ils vont aussi sur le terrain, recueillent les témoignages, écoutent les familles, confrontent les récits et les documents.
Cette démarche donne toute sa place à la mémoire populaire, en particulier celle des villages touchés. Elle permet de restituer une histoire longtemps transmise à voix basse, dans les familles.
Le parcours de Safia Kessas donne à cette enquête une dimension intime et humaine. C’est en remontant le fil de sa propre histoire familiale qu’elle découvre les traces de ce drame. De cette mémoire personnelle naît alors une enquête collective, menée avec la rigueur historienne de Fabrice Riceputi.
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