Bois du Cazier : 70 ans après la catastrophe, Marcinelle honore ses 262 mineurs disparus, dont trois Algériens

Publié le 8 août 2026 à 18:59

Marcinelle, 8 août 2026 — Soixante-dix ans après l’une des plus grandes tragédies minières de l’histoire belge, le site du Bois du Cazier a accueilli, ce samedi, une cérémonie de commémoration en hommage aux 262 mineurs morts dans la catastrophe du 8 août 1956.

Organisé sur le site de l’ancien charbonnage de Marcinelle, devenu aujourd’hui un lieu majeur de mémoire, cet hommage s’est déroulé en présence des familles des victimes, de représentants des autorités belges, de délégations syndicales, de citoyens, ainsi que de plusieurs missions diplomatiques.

La cérémonie a également été marquée par la présence du Consul général d’Algérie à Bruxelles, accompagné d’un représentant de l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles. À cette occasion, une gerbe de fleurs a été déposée à la mémoire des victimes, et plus particulièrement des trois ressortissants algériens disparus dans cette tragédie.

Trois Algériens parmi les victimes

Parmi les mineurs disparus figuraient trois ressortissants algériens :

  • Belamri Amar, originaire de Bordj Bou Arréridj ;
  • Mami Saïd, originaire de Tizi Ouzou ;
  • Kaddour Ali, originaire de Tizi Ouzou.

Leur présence parmi les victimes rappelle une page importante de l’histoire de l’immigration algérienne en Belgique. Comme tant d’autres travailleurs venus de l’étranger, ils avaient quitté leur terre natale pour rejoindre les mines belges, dans l’espoir d’offrir une vie meilleure à leurs familles.

Leur destin tragique témoigne du courage et du sacrifice de ces hommes qui ont contribué, dans des conditions souvent difficiles, au développement économique de la Belgique d’après-guerre.

Une mémoire algérienne ravivée par les familles

Cette commémoration a été particulièrement émouvante en raison de la présence de membres des familles de Kaddour Ali et de Mami Saïd, venus spécialement d’Algérie pour participer à l’hommage.

Leur présence a donné à la cérémonie une dimension profondément humaine. Elle a rappelé que derrière chaque nom inscrit dans la mémoire du Bois du Cazier se trouvent une famille, une histoire, un exil et une douleur transmise de génération en génération.

Le cas de Belamri Amar, originaire de Bordj Bou Arréridj, demeure quant à lui en attente d’identification définitive. Des démarches, notamment par test ADN, restent nécessaires afin de confirmer son identité et, si possible, retrouver sa famille en Algérie.

Un devoir de mémoire partagé

Au-delà de la tragédie industrielle, le Bois du Cazier incarne aujourd’hui une mémoire ouvrière, sociale et migratoire. Ce lieu rappelle le prix humain payé par des milliers de travailleurs, notamment immigrés, qui ont œuvré dans l’ombre au redressement économique de la Belgique.

Soixante-dix ans après le drame, la cérémonie de Marcinelle a réaffirmé l’importance de préserver cette mémoire commune. Pour la communauté algérienne, les noms de Belamri Amar, Mami Saïd et Kaddour Ali résonnent avec une force particulière : ils symbolisent l’exil, le travail, le sacrifice et la dignité.

En déposant une gerbe de fleurs et en participant à cette commémoration, les représentants algériens ont rappelé que ces hommes ne sont pas oubliés.

Soixante-dix ans après, la mémoire des mineurs disparus demeure vivante à Marcinelle, portée par les familles, les institutions et les communautés concernées.

 
 
 

 

 

 

 

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.